De la genèse des blogues

J’ai vécu l’apparition des blogues, j’ai cet âge là. J’ai assisté à cette révolution qui donna la parole aux quidams ayant soif de choses à dire (c’était avant l’ère apocalyptique des Trolls). Quelle effervescence, toutes ces nouvelles fenêtres vers des mondes jusqu’alors inaccessibles.

J’ai particulièrement apprécié la multitude des voix marginales, des parcours différents, des tons irrévérencieux, des propos originaux, toutes ces choses que l’on ne voyait pas dans les médias traditonnels. Je me souviens d’avoir accroché aux récits nocturnes d’un chauffeur de taxi poétique (Un taxi la nuit) et à l’humour décomplexé d’une maman un brin cynique (Les chroniques d’une mère indigne). Il est vrai qu’à force de lire régulièrement les billets d’un auteur, on fini par se sentir proche de lui, comme un ami ou un membre de sa famille. Je comprends très bien tous ces liens qui se sont tissés entre blogueurs. Comme j’aurais aimé appartenir à cette confrérie; hélas ma créativité, ou ma pertinence, ont des limites.

Et puis, comme ça prend du temps et de la fidélité, lire tous ces billets, on finit par oublier. Ou alors l’auteur arrête de publier. Ensuite les médias sociaux sont apparus et nous ont permis d’avoir accès une multitude de voix à la fois, avec tous les avantages que ça apporte, et toutes les dérives que nous connaissons. Reste que le blogue a toujours sa place, pour les gens qui tentent des expériences (à ce compte j’aime bien l’expérience culinaire trash de Martin «Rooster» Roussy) ou ceux qui ont des choses intellingente à dire qui nous force à plus de deux minutes de lecture à la fois (par exemple Maria Popova).

Les blogues ne sont pas morts, vives les blogues !

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