Étude des comportements sur les médias sociaux

J’ai voulu, par cette brève étude, dresser un portrait sommaire des gens qui publient des commentaires critiques ou désobligeants dans les médias sociaux. J’ai espéré, grâce à ce sondage, pouvoir déterminer si un genre, une tranche d’âge ou un type de consommateur de médias sociaux ressortait en particulier. Il s’agit d’un essai très sommaire me permettant d’avoir une idée globale. Un questionnaire en ligne ouvert le 22 juillet 2019 et fermé le 22 août 2019 a été l’instrument de collecte choisi, sur un échantillon non-probabiliste par réseau (Facebook et Twitter).* 130 entrées totales au sondage ont été recueillies, dont voici un résumé des résultats.

Conclusion

La tranche d’âge absente parmi les participants à ce sondage, les moins de 20 ans, étant réputée comme étant la plus grande consommatrice de réseaux sociaux, cela a une incidence importante sur la statistique du nombre d’heures passées sur les réseaux sociaux. Il faut donc envisager les résultats de cette étude comme portant sur les utilisateurs de plus de 20 ans. La tranche d’âge qui prédomine auprès des participants, les 31 à 40 ans, peut probablement s’expliquer par l’âge prédominant de mon propre réseau.

Sans surprise on remarque que les gens qui passent le moins de temps sur les réseaux sociaux sont aussi ceux qui font le moins de commentaires désobligeants. À l’inverse, contrairement à la croyance populaire, ce ne sont pas les gens qui passent le plus de temps sur les réseaux sociaux qui en font le plus. En effet, les chiffres démontrent qu’il y a légèrement moins de gens qui passent plus de deux heures par jour sur les réseaux sociaux qui font des commentaires critiques, comparé à ceux qui en passent de une à deux heures.

Je n’avais pas envisagé qu’un genre plus qu’un autre allait répondre au sondage. Ceci m’empêche globalement de tirer des conclusions solides sur la probabilité des genres à émettre certains types de commentaires. Notons néanmoins que 70% des gens qui ont l’habitude de faire des commentaires négatifs ou critiques (de une à cinq fois par semaine) sont des hommes. Pour ce qui est d’avoir déjà publié un commentaire volontairement provoquant, les hommes ont une nette prévalence de ce comportement avec un pourcentage de 31%, comparativement à 13% pour les femmes.

Près de 20% des gens admettent avoir publié un message volontairement provocant. Le grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française décrit le troll d’Internet comme étant une « Personne qui publie sans relâche des messages volontairement provocants sur Internet dans le but de soulever des polémiques et de rompre l’équilibre d’une communauté donnée. » (Repéré à http://www.granddictionnaire.com/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26522696) Est-ce que 20% des gens sont des trolls ? Sûrement pas, la définition de ce qu’est « volontairement provocant » dans ma question étant très subjective. De plus, la notion de fréquence dans la définition du GDT fait toute la différence, on parle alors d’une habitude, plutôt qu’un fait isolé. Dans la mesure où cette étude met en lumière le fait que les commentaires négatifs ou critiques sont surtout épisodiques, il serait intéressant d’étudier plus à fond le phénomène du troll. Comme d’affiner le nombre de commentaires fait en moyenne par semaine, de circonscrire à quelle définition les gens qui s’affirme comme troll s’identifient, de savoir quels sont leur média de prédilection et pourquoi, etc. À suivre, donc.

Je tiens à remercier chaleureusement les gens qui se sont prêtés au jeu de cette étude.

*Le sondage ayant été répondu en majorité par des gens sur Facebook ayant plusieurs traits caractéristiques en commun, il est très risqué d’étendre les déductions de l’étude à l’ensemble de la population.

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