Beaucoup de gens, particulièrement dans mon milieu de travail, m’ont trouvé soit courageuse, soit plutôt complètement folle de retourner sur les bancs d’école à mon âge vénérable.
Après une année de Maîtrise complétée, je peux affirmer qu’il s’agit de la meilleure décision de ma vie. Je suis une personne curieuse, j’aime apprendre, j’aime sortir de ma zone de confort. Mais même armée des meilleures intentions, la formule métro-boulot-dodo ne me laissait aucune place à l’apprentissage personnel. Dans mon cas, la course constante pour travailler, m’occuper de mon garçon, ma maison, le ménage, etc me laissait à plat, vidée, ayant le goût de me coucher tôt pour affronter la journée du lendemain. L’école offre une pause à cette routine, me permettant de me reconnecter avec moi-même, mes cellules grises, mes rêves, mes envies.
J’ai enfin la possibilité d’explorer des phénomènes qui m’intriguent, d’adresser plusieurs questionnements, passions, inquiétudes. Par le biais de travaux présentés lors de cours, me permettant de me documenter, d’évoluer, d’approfondir et de clarifier ma pensée, j’ai pu aborder les sujets de la gestion des connaissances, l’environnement, l’expérience utilisateur, les comportements dans les médias sociaux, le monde des bibliothèques en région et j’en passe. J’ai très hâte de pouvoir approfondir d’autres thèmes durant la prochaine année. Au terme de laquelle, j’aspire à me trouver un emploi qui me permettra de mettre à profit ces nouvelles connaissances et la possiblité de relever des défis au quotidien.
Cela peut sonner quelque peu fleur bleue comme propos, mais je suis réellement reconnaisante d’avoir l’oportunité de faire ce cheminement. Je recommande ainsi à toute personne qui hésite à faire un retour aux études de considérer que la peur, bien que normale, ne doit pas être un frein aux aspirations. Que d’essayer, quitte à laisser tomber après si ça ne convient pas, en vaut largement la peine. Car après tout, on n’a qu’une vie à vivre, n’est-ce pas ?
Contribution
du Web social au mouvement écologiste
La protection de l’environnement, en
particulier en contexte de réchauffement climatique, est une préoccupation de
plus en plus répandue. Or, pour une partie de la population, cette
préoccupation a toujours existé, ainsi que la volonté d’être actif. Quels sont
les changements survenus au sein de la mouvance environnementaliste suite à l’arrivée
des médias sociaux ? C’est ce que j’aborderai ici dans les aspects positifs de
la circulation de l’information et la mobilisation, ainsi qu’avec des
conséquences moins positives telles la désinformation, l’écoanxiété et les
contraintes liées au développement économique.
Il y a moins d’une dizaine d’années, une
personne voulant réduire son empreinte écologique par la réduction, la
réutilisation, le recyclage ou la confection maison devait se débrouiller seul pour
trouver des ressources informatives. Dans les grandes villes il était possible
de se déplacer vers des endroits potentiellement pertinents (éco-quartier,
herboristerie, magasins d’alimentation naturelle, etc.), mais à l’extérieur des
grands centres c’était une tâche plus ardue. Il y avait les bibliothèques, dont
l’offre n’est malheureusement pas toujours récente ou diversifiée, ainsi que l’abonnement
à certaines revues spécialisées. L’Internet commençait à devenir une source
intéressante, mais il fallait faire des recherches extensives pour trouver de l’information
pointue sur des microsites montés par des écologistes technophiles. Depuis
quelques années, cependant, les choses ont considérablement changé. Une
multitude de groupes d’informations et d’échanges sont apparus dans les médias
sociaux, notamment sur Facebook. On y retrouve des groupes de partages de trucs
écologiques, de conception de produits maisons, de troc, de vente de produits
usagés, d’échange d’idées progressistes, de partis politiques aux valeurs
environnementalistes, et bien d’autres encore. Trouver réponse à sa question
est maintenant d’une facilité déconcertante pour les écologistes habitués à
travailler dur pour trouver de l’info. Ces groupes sont majoritairement centrés
sur l’effort que chaque citoyen peut faire pour améliorer le sort de la planète.
Pour ce qui est de la circulation de l’information concernant l’état de la
planète, on remarque une situation similaire. Il n’y a pas plus efficace que
Twitter pour avoir de l’information en temps réel. Grâce aux abonnements et aux
hashtag, il est possible d’avoir accès à une foule d’information sur des sujets
qui intéressent les gens conscientisés. Il a été démontré que Twitter a
régulièrement présenté de l’information plus rapidement que les grands médias
lors d’événements, telles que les catastrophes naturelles.
Les conséquences de cet accès à l’information
grâce aux médias sociaux sont bien entendu l’autonomisation (empowerment) des
individus, mais aussi la mobilisation à petite et grande échelle. À petite
échelle les médias sociaux permettent de s’organiser facilement et rapidement,
par le biais d’invitation à des événements, rencontres, ateliers,
manifestations, formations, etc. L’introduction à la possibilité de suivre en
ligne l’adhésion des membres à des groupes ou des à événements amène un effet
d’entraînement, où la réputation des individus participants joue pour beaucoup.
À grande échelle, on assiste à une véritable révolution. Des nouvelles qui ne
sortaient pas dans les médias traditionnels trouvent maintenant leur chemin
auprès de la population, avec des conséquences inespérées. Prenons comme
exemple les feux de forêts massifs en Amazonie de cet été 2019, au début totalement
absent des médias traditionnels. En l’espace de quelques jours, l’information a
envahie la toile et déchaînée des réactions d’indignation tous azimuts :
Que la force du nombre réussisse à inverser le cours des choses, cela s’apparente à une révolution. Mais à l’inverse de la révolution française, les gens n’ont même pas eu à sortir de leur maison pour arriver à ce résultat. Ils ont pu modifier « L’agenda setting » des médias traditionnels et les obliger à enquêter sur les circonstances entourant la naissance de ces feux et la position du gouvernement face à ceux-ci. On remarque ainsi de plus en plus cette propension des inquiétudes et intérêts véhiculés sur les médias sociaux à être repris par les grands médias. Je pense que des victoires comme la réintégration du lanceur d’alerte Louis Robert à son poste au MAPAQ sont en parti liées à la publication et à l’indignation massive sur les réseaux sociaux. Cela donne à penser que l’impunité n’est plus de mise, et ce, même au sein de l’autorité. C’est pourquoi certains pays totalitaristes bloquent l’accès à certaines plateformes et censurent massivement l’Internet. Car, si l’on bloque l’accès à l’expression des 10% d’utilisateurs participatifs sur les médias sociaux, on bloque la circulation d’information qui n’est pas mainstream.
La rapidité avec laquelle l’information est
publiée peut cependant entraîner quelques dérives, la première étant la
désinformation. Pour rester avec l’exemple du Brésil, il a été constaté que de
mauvaises photos circulaient pour représenter la catastrophe :
Fort heureusement, les erreurs sont en général
corrigées aussi vite qu’elles apparaissent. L’autre conséquence moins heureuse
de l’accès bonifié à l’information est moins facile à réparer. Si la
connaissance en soit est une force, elle n’est pas garante d’action
subséquente. En effet, une personne peut se sentir très impuissante devant le
flot d’informations alarmantes sur l’état de la planète. Ainsi, on observe une
pathologie grandissante favorisée par l’accès à l’information sur Internet, en
particuler dans les médias sociaux, nommée écoanxiété, solastalgie ou
angoisse climatique.
Certaines personnes ont voulu remédier à cet état d’angoisse et partager leurs inquiétudes ainsi que leurs conseils à la communauté. Ainsi, sur le site IS THIS HOW YOU FEEL? (https://www.isthishowyoufeel.com/) des scientifiques spécialistes du climats y vont d’impressions personnelles face à ce défi planétaire. On retrouve aussi sur le site des liens intéressants pour pouvoir agir, comme professeur ou comme citoyen, ainsi qu’un blogue. Voici deux exemples tirés de ces lettres manuscrites publiées par des scientifiques:
J’ai parlé de cette nouvelle opportunité que les médias sociaux créent en permettant l’unification des voix. Les rois, les religieux et autres tenant du pouvoir l’avaient bien compris avant l’invention de l’imprimerie; l’écriture confère un pouvoir. Comment ce tel pouvoir sera-t-il récupéré par les puissants de ce monde ? Comment bâillonner des millions afin de protéger nos intérêts ? Logiquement, en agissant sur le média lui-même. Outre le contrôle des médias par des dictateurs, la concentration des média dits traditionnels, plus subtile, est déjà observée comme étant problématique, ainsi que le rapporte Patrick Lagacé dans cet excellent billet intitulé Angle mort. Le problème ce n’est pas tant que les journalistes soient avertis d’éviter certains sujets, car la plupart déclarent ne pas subir de pression, mais qu’ils peuvent ressentir un malaise à mordre la main qui les nourrit. Car outre le journal lui-même, les compagnies qui possèdent les médias sont davantage des conglomérats qui possèdent un grand nombre d’autres compagnies dans divers secteurs de l’économie. Ce qui veut dire que le nombre de produits ou compagnies qui sont donc hors limites à critiquer s’agrandi exponentiellement au fur et à mesure de l’achat de nouvelles compagnies. Un phénomène assez similaire pourrait se produire dans les médias sociaux. De plus, à force d’inter-connecter toutes les applications entre elles, les propriétaires se retrouveront à posséder des parts dans tous les médias. Aussi, les grands joueurs n’aiment pas la concurrence et ont tendance à rejeter l’option de la portabilité des données, qui permet à un utilisateur d’un réseau social de récupérer ses contacts ou ses contenus et de les transférer vers un service concurrent. Ce manque de souplesse pourrait en décourager plus d’un de changer de plateforme, même si celle-ci lui déplait. En effet, l’impossibilité de ne pouvoir transférer des années, voir des décennies de vie en ligne est un obstacle de taille, et ce, malgré une surenchère de plateformes disponibles. On observe finalement l’apparition de médias sociaux dans l’arène de la monnaie cryptée, ce qui soulève des inquiétudes :
En effet, la combinaison de pouvoir économique et de contrôle sur la circulation de l’information a de quoi faire sourciller. Ajoutons à cela le manque de transparence dans la gestion des médias sociaux, les accusations de vente de données personnelles (qui pour le moment mènent à de la publicité ciblée, mais qui sait quelle chasse aux sorcière cela pourrait engendrer), les ingérences dans des événement stratégiques internationaux (élections), nous pouvons concevoir qu’il y a aura importance à être vigilant dans les prochaines décennies et que les gouvernements auront avantage à se doter de lois encadrant les pratiques technologiques en ligne.
L’apparition des médias sociaux a eu un effet
galvanisant sur les mouvements écologistes. Grâce à une circulation plus fluide
de l’information et à des outils facilitant l’organisation et la mobilisation, on
a pu observer une montée de prises de consciences et d’action concrètes. Néanmoins,
la question environnementale étant intimement liée à une préoccupation
économique, il est possible que le présent âge d’or de la libre circulation des
idées sur internet ne dure pas dans le temps. Comme il m’est bien difficile de
prévoir l’avenir, je ne sais si nous pencherons plus vers un contrôle accru de
l’information par les grands propriétaires mondiaux, ou si au contraire seront
mis en place des mécanismes garantissant la liberté d’expression et la
protection des données personnelles. L’avenir nous le dira.
Vous vous demandez encore si ou comment vos informations de navigation sont enregistrées et partagées sur le Web ? Je vous recommande la lecture de cet excellent article de Farhad Manjoo intitulé : I Visited 47 Sites. Hundreds of Trackers Followed Me. Il présente les résultats d’une étude menée par le Times’s Privacy Project ayant lieu plus tôt cet été :
What did we find? The big story is as you’d expect: that everything you do online is logged in obscene detail, that you have no privacy. And yet, even expecting this, I was bowled over by the scale and detail of the tracking; even for short stints on the web, when I logged into Invasive Firefox just to check facts and catch up on the news, the amount of information collected about my endeavors was staggering.
Un exemple :
This tracker for Advertising.com received my almost exact location as latitude and longitude — about a quarter mile off from my actual location. Several other trackers gathered information about where I was, including my city, state, country and zip code. They base this off my IP address, so I had no chance to opt-out. They use the data to conduct targeted advertising but can also use it to track where I’m moving and build a more detailed picture of my interests and activities.
J’ai lu un article assez comique du spécialiste des nouvelles technologies du New York Times (David Pogue) sur la fois où il s’est fait lancer des roches pour n’avoir pas été au courant d’un événement viral. Vous imaginez que si une personne très au faite de l’actualité technologique peut être prise au dépourvu ainsi, comment nous simples quidam pouvons être à côté de la plaque la majeur partie du temps ?
Il existe néanmoins plusieurs outils pour essayer de suivre le courant du viral, même pour une personne techno-douillette. De façon ludique, le site imgur nous montre ce qui a été voté meilleure image du moment, nous ouvrant la porte sur ce qui est viral. Lorsqu’une une expression nous semble incompréhensible (ce qui peut arriver souvent dans la section des commentaires) il peut être nécessaire de consulter le dictionnaire urbain. Le site Reddit, bien que moins attrayant visuellement qu’imgur, fonctionne aussi par un système de vote pour propulser ce qui est viral vers le haut de la page. Encore ici, consulter une référence comme Wikipedia pourra s’avérer utile.
Si le terme Hacker a déjà signifié quelque chose de neutre, comme programmeur, il y a une décennie, il a cependant pri une saveur péjorative suite à des frasques très médiatisées de certain pirates de l’informatique. Pourtant, les Hacker de ce monde sont motivés par un code d’honneur qui se situe bien à l’encontre des valeurs mercantiles et individualistes de notre époque.
En effet, le hacker est motivé par l’avancement de la connaissance avant tout autre objectif. Son intérêt étant intellectuel avant tout, il va mettre de l’avant tout ce qui peut lui permettre d’avancer dans ses projets. Cela se traduit concrètement d’abord par l’accès à des outils gratuits et/ou ouverts (freeware, opensource). Il y a aussi la mise en place de plateformes collaboratives, afin d’avancer de concert sur un projet. L’absence de hiérarchie, ou la gestion horizontale, est souvent de mise. Notons que le hacker typique est généralement mû par des valeurs progressistes et travaille pour le bien commun.
Il est certain que la mode est à la capitalisation de tout ce qui touche de près ou de loin à l’informatique et que le divertissement semble prendre une place toujours plus importante dans les services offerts sur Internet. Sous cet angle, le modèle hacker peut sembler s’apparenter à une utopie. Or je vous garanti qu’il n’en est rien. Ces modèles de travail ont amplement fait leur preuve à travers le temps, il n’y a qu’à penser à toutes les avancées technologiques du web qui reposent en majeur partie sur le travail de hacker. Si beaucoup de programmeurs travaillent maintenant pour de grosses compagnies, ce n’est pas le cas pour tous. J’ai travaillé très brièvement avec le groupe Koumbit il y a un bon moment, et je peux vous assurer que leur modèle d’autogestion où tous les travailleurs participent à la prise de décision et sont leur propre patron fonctionnait très bien. Créant de sites web avec une variété de logiciels libres et ayant comme client des organismes à but non lucratif, ils ont très bien su trouver leur niche, à l’ombre des BigCorp de ce monde.
Si je n’ai aucun problème à solliciter mon
réseau dans le cadre d’un de mes travaux d’université, je ne me sens toutefois
pas à l’aise de les solliciter dans le seul but de prouver une théorie sur
l’achalandage. En effet, attirer l’attention de mes proches sur un enjeu qui
m’apparaît important, c’est quelque chose que je fais déjà régulièrement. Mais
utiliser ce réseau pour ensuite laisser tomber un projet (faute de temps) me
paraît un manque de respect. J’ai donc décidé d’investiguer un sujet en lien
avec le cours m’intriguant, soit les comportements sur les médias sociaux, tout
en instituant d’avance une limite dans le temps, soit le temps d’un sondage.
Étant une utilisatrice assidue d’Internet et des médias sociaux, j’ai remarqué un changement d’attitude de la part des utilisateurs depuis le web 2.0, celui-ci ouvrant la porte toute grande à la possibilité de tout un chacun de pouvoir s’exprimer. Si on ne peut que vanter la démocratisation des outils de communication, on peut cependant observer une panoplie de dérives, allant de la publication en masse de fausses nouvelles à l’apparition des trolls. Michael Wesch l’a résumé ainsi dans son excellente dissertation en ligne intitulée An anthropological introduction to YouTube : “When media change, human relations change”. (Wesch, 29 juillet 2008, http://mediatedcultures.net/youtube/an-anthropological-introduction-to-youtube-presented-at-the-library-of-congress/). Ainsi les rapports entre humains se modifient avec l’arrivée d’une nouvelle forme de communication. Ayant peu de temps pour préparer une étude approfondie sur le sujet, j’ai concentré ma recherche avec comme objectif de dresser un portrait sommaire des gens qui émettent des commentaires négatifs/critiques.
Afin d’avoir des participants à mon sondage,
j’ai utilisé deux médias sociaux auxquels je suis inscrite, soit Facebook et
Twitter. Comme les études sur le sujet le prescrivent, j’ai publié un jour de
semaine entre 8h et 15h. J’y ai publié
ce message :
Bonjour, je sollicite 3 minutes de votre précieux temps pour répondre à ce très court sondage anonyme sur vos pratiques dans les médias sociaux, pour un cours universitaire que je suis présentement. Je vous remercie chaleureusement et vous invite à cliquer ici :https://forms.gle/THs5prbSFdByZen68
Sur Twitter, j’ai publié de mon profil avec les
mots-clés #SocialMedia #reseauxsociaux. Sur Facebook j’ai publié sur mon mur
personnel (189 amis), sur 3 groupes dont je fais partie, soit Citoyens de
Deux-Montagnes – Espace communautaire (1889 membres), Jardins et Plantes du
Québec (35 076 membres) et Parents-étudiants de l’UdeM (994 membres). J’ai
personnalisé mon texte d’introduction pour les deux derniers groupes :
Bonjour, je sais que ça ne concerne pas les plantes, mais comme j’assiste régulièrement à des prises de bec sur ce groupe, j’aimerais en savoir plus sur vos habitudes dans les médias sociaux par le biais de ce très court sondage (c’est pour un cours universitaire):https://forms.gle/THs5prbSFdByZen68
Bonjour les parents, j’ai un cours d’été et je sollicite 3 minutes de votre précieux temps pour répondre à ce très court sondage anonyme sur vos pratiques dans les médias sociaux…
Finalement, j’ai publié mon sondage sur le mur
du groupe du cours INF6107. Dans ce groupe, j’ai eu un échange avec quelqu’un
qui enseigne les réseaux sociaux au CEGEP. Je lui proposé de partager mon sondage
dans son réseau, mais je n’ai pas eu de réponse à ce propos et j’ai remarqué qu’il
ne l’a pas fait.
Utilisant Google Forms pour mon sondage, j’ai
pu suivre la progression du nombre de réponses à chaque jour. Le premier jour
j’ai eu 43 réponses au sondage, le deuxième je suis passée à 99. Le quatrième
jour j’étais passée à mon total quasi final, soit 125 réponses. Au cours des 3
prochaines semaines vont se rajouter les 5 dernières réponses.
Sur Facebook, le nombre de Likes, de commentaires et de partages de ma publication m’ont indiqué comment se portait la popularité de ma publication. Ainsi j’ai pu constater qu’au jour 1 (22 juillet), quatre amis avaient partagé ma demande sur leur propre page, et qu’au dernier jour ce nombre était de huit. Avec un total de 12 likes et une vingtaine de commentaires.
Pour ce qui est de Twitter, j’ai pu aussi avoir
accès à des statistiques concernant ma publication. Au premier jour on pouvait
lire ceci :
Et au dernier :
Entre-temps (8 août), en voyant qu’un nombre très restreint d’utilisateur de Twitter cliquait sur mon sondage malgré une belle visibilité, j’ai retweeté ma publication originale en mentionnant qu’il s’agissait de 6 petites questions en tout.
Aussi, ayant mis un lien vers mon blogue pour
inviter les participants à aller voir les résultats une fois le sondage
terminé, j’ai pu examiner l’affluence.
Au début :
À la publication des résultats :
J’ai retenu deux facteurs qui ont influencé l’achalandage de mon cas; le temps et la relation. Quand la publication est fraîche, elle jouit d’une popularité instantanée. Tant qu’elle est relayée, elle reste d’actualité. Lorsque le dernier retweet ou partage est effectué, elle tombe dans l’oubli. Si on ne publie rien de subséquent quant à un projet, les gens ne retourneront pas sur le site.
Quant à la relation, je veux dire par là que le lien qui nous attache au public a une grande importance. Dans le cas qui nous occupe, l’émotion a été un facteur d’attention très puissant. Ce sont mes amis qui ont d’abord largement répondu au sondage. Sans vouloir diminuer leur intérêt pour le sujet, je sais qu’ils ont largement répondu pour me rendre service. Idem pour le groupe des parents étudiants, dont les membres ont été spontanément empathiques.
Pour ce qui est de ma piètre performance sur Twitter, plusieurs facteurs sont à prendre en compte. D’abord c’est un média que je ne connais pas très bien, ayant une inscription très récente. Comme je n’ai pas de photo qui m’identifie et pas encore de contacts, l’argument émotif est évincé. J’aurais eu avantage à élaborer un meilleur pitch de vente. Si j’étais plus active sur Twitter et sur mon blogue, ma réputation aurait aussi été un argument de vente.
Dans les tactiques pour un meilleur achalandage,
il y a l’option de « Sponsoriser » offerte par Twitter. Aussi, d’après
un article récent sur Arobasenet.com :
Les Tweets avec vidéo attirent 10 fois plus d’engagement que les Tweets sans vidéo;
Les Tweets avec des images attirent 150% plus de Retweets que les Tweets sans image;
J’aurais donc eu avantage à pimper ma
publication, ne m’adressant pas à un auditoire d’académiciens. En parlant d’auditoire
académicien, j’ai clairement raté mon coup en n’allant pas solliciter cette
population, que ce soit par des regroupements d’étudiants ou de professeurs. L’atteinte
du bon public-cible est aussi un facteur de succès. D’ailleurs, je me suis
rendu compte à la fin de mon parcours que je n’avais utilisé seulement que 2 médias
sociaux plutôt que les 3 demandés. Mon réseau LinkedIn aurait certainement été
un bon endroit pour recruter des participants.
Finalement, il ne faut pas négliger le fait
français. Mon auditoire est indéniablement moins large si mes publications ne
sont pas en anglais, qui est la langue qui prévaut sur internet.
À la fin de cette aventure, une question me chicote. Une grande majorité de femmes ont répondu à mon sondage. Est-ce la manière dont j’ai fait l’annonce ? Est-ce parce que les groupes à qui j’ai adressé la demande sont en majorités constitués de femmes ? Un sujet d’intérêt plus féminin (la façon dont les gens s’adressent la parole est-il une préoccupation plus féminine) ? Cette option est probablement intéressante, au vu des résultats du sondage qui stipule que 70% des gens qui ont l’habitude de faire des commentaires négatifs ou critiques (de une à cinq fois par semaine) sont des hommes. Et que pour ce qui est d’avoir déjà publié un commentaire volontairement provoquant, les hommes ont une nette prévalence de ce comportement avec un pourcentage de 31%, comparativement à 13% pour les femmes. Quoi qu’il en soit, c’est une donnée à prendre en considération selon le public-cible visé par une publication.
À la suite de mon billet sur ma réticence à accepter les conditions relatives à la vie privée de mon compte courriel Yahoo, j’ai entrepris quelques démarches. J’ai tout d’abord fait appel à mon réseau afin de connaître les options fiables qui respectent la confidentialité des données (open source ou autre) sur le marché. Pour ce qui est gratuit, un ami ingénieur en informatique m’a indiqué que les produits open source sont absents pour ce genre de plateforme car cela prend beaucoup de ressources pour se protéger des pourriels et autres arnaques. Il m’a suggéré un produit payant, qui à première vue me semble très intéressant, si jamais je suis prête à faire le saut vers le payant. Finalement, il m’a confié utiliser Gmail pour son efficacité en matière de sécurité.
Possédant moi-même un compte Gmail, j’ai donc songé à en faire mon compte principal, jusqu’à ce que je tombe sur cet article de Max Chafkin intitulé Life After Gmail: Why I Opted for a Private Email Server. Comme le titre le laisse présager, le son de cloche concernant la protection des renseignements privés est sensiblement le même qu’avec Yahoo. Si Google a depuis quelques années annoncé une politique plus axée vers la collecte de données seulement afin d’améliorer son service, il n’en reste pas moins que son moteur de recherche collige des informations afin de nous envoyer des publicités ciblées. Or, cette façon de faire je ne suis pas la seule à y trouver à redire, car il semble d’apès cet article de BDM média que 42,4% des internautes sont irrités par les publicités choisies selon nos historiques de recherches.
En conclusion, même si internet est théoriquement gratuit, je pense qu’il est utopique de s’attendre à un service courriel sans frais correspondant totalement à nos valeurs et standards de qualités. Je ne suis pas prête à investir en temps et argent pour installer un serveur dans la cave de ma maison, contrairement à Max Chafkin. Mais payer un service sans publicité et conserver la confidentialité de mes donnée ? Ça me semble finalement un moindre mal.
J’ai
voulu, par cette brève étude, dresser un portrait sommaire des gens qui
publient des commentaires critiques ou désobligeants dans les médias sociaux. J’ai
espéré, grâce à ce sondage, pouvoir déterminer si un genre, une tranche d’âge
ou un type de consommateur de médias sociaux ressortait en particulier. Il
s’agit d’un essai très sommaire me permettant d’avoir une idée globale. Un
questionnaire en ligne ouvert le 22 juillet 2019 et fermé le 22 août 2019 a été
l’instrument de collecte choisi, sur un échantillon non-probabiliste par réseau
(Facebook et Twitter).* 130 entrées totales au sondage ont été recueillies,
dont voici un résumé des résultats.
Conclusion
La tranche d’âge absente parmi
les participants à ce sondage, les moins de 20 ans, étant réputée comme étant la plus grande consommatrice de réseaux
sociaux, cela a une incidence importante sur la statistique du nombre d’heures
passées sur les réseaux sociaux. Il faut donc envisager les résultats de cette
étude comme portant sur les utilisateurs de plus de 20 ans. La tranche d’âge
qui prédomine auprès des participants, les 31 à 40 ans, peut probablement s’expliquer
par l’âge prédominant de mon propre réseau.
Sans surprise on remarque que
les gens qui passent le moins de temps sur les réseaux sociaux sont aussi ceux
qui font le moins de commentaires désobligeants. À l’inverse, contrairement à
la croyance populaire, ce ne sont pas les gens qui passent le plus de temps sur
les réseaux sociaux qui en font le plus. En effet, les chiffres démontrent qu’il
y a légèrement moins de gens qui passent plus de deux heures par jour sur les réseaux
sociaux qui font des commentaires critiques, comparé à ceux qui en passent de
une à deux heures.
Je n’avais pas envisagé qu’un
genre plus qu’un autre allait répondre au sondage. Ceci m’empêche globalement
de tirer des conclusions solides sur la probabilité des genres à émettre
certains types de commentaires. Notons néanmoins que 70% des gens qui ont l’habitude
de faire des commentaires négatifs ou critiques (de une à cinq fois par
semaine) sont des hommes. Pour ce qui est d’avoir déjà publié un commentaire volontairement
provoquant, les hommes ont une nette prévalence de ce comportement avec un pourcentage
de 31%, comparativement à 13% pour les femmes.
Près de 20% des gens admettent avoir publié un message volontairement provocant. Le grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française décrit le troll d’Internet comme étant une « Personne qui publie sans relâche des messages volontairement provocants sur Internet dans le but de soulever des polémiques et de rompre l’équilibre d’une communauté donnée. » (Repéré à http://www.granddictionnaire.com/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26522696) Est-ce que 20% des gens sont des trolls ? Sûrement pas, la définition de ce qu’est « volontairement provocant » dans ma question étant très subjective. De plus, la notion de fréquence dans la définition du GDT fait toute la différence, on parle alors d’une habitude, plutôt qu’un fait isolé. Dans la mesure où cette étude met en lumière le fait que les commentaires négatifs ou critiques sont surtout épisodiques, il serait intéressant d’étudier plus à fond le phénomène du troll. Comme d’affiner le nombre de commentaires fait en moyenne par semaine, de circonscrire à quelle définition les gens qui s’affirme comme troll s’identifient, de savoir quels sont leur média de prédilection et pourquoi, etc. À suivre, donc.
Je tiens à remercier chaleureusement
les gens qui se sont prêtés au jeu de cette étude.
*Le sondage ayant été répondu en
majorité par des gens sur Facebook ayant plusieurs traits caractéristiques en
commun, il est très risqué d’étendre les déductions de l’étude à l’ensemble de
la population.
OKCupid est un site de rencontres qui fonctionne avec des algorithmes
pour trouver et suggérer les profils les plus susceptibles de plaire aux utilisateurs.
Née du travail de 4 étudiants de Harvard, sa version beta (SparkMatch) était d’abord
une expérience dérivée d’un site où figuraient plusieurs questionnaires et
tests humoristique et/ou de personnalité. Ses créateurs, Chris Coyne, Sam
Yagan, Christian Rudder et Max Krohn avaient alors eu l’idée de mettre en
relation les gens dont les réponses aux tests de leur site TheSpark.com étaient
similaires. Devant la popularité de l’expérience, ils ont renommé et lancé
OKCupid en 2004. Le site a par la suite été racheté en 2011par IAC
(InterActiveCorp).
Les sites de rencontre étant nombreux sur la toile,
seulement au Québec les concurrents d’OKCupid sont Tinder, Elitesingles, Be2, eHarmony, reseaucontact,
RencontreSportive, Zoosk, SilverSingles, Match et bien d’autres encore.
Même Facebook offre maintenant une fonction de rencontre sur sa plateforme. On
dit que ce qui distingue Okcupid de ses concurrents est le fait qu’il permette
à l’utilisateur de choisir entre 13 orientations sexuelles et 22 identités de
genre.
Il est difficile de savoir exactement combien de gens
utilisent cette plateforme; les statistiques d’OKCupid parlent de 3,5 millions
d’utilisateurs en septembre 2010 alors que Compete.com parlait plutôt de 1,3
visiteurs uniques en février 2011. En ce moment, OKCupid se vante de permettre
plus de 91millions de connections chaque année.
Pour ce qui est de son fonctionnement, s’il y a une chose
que je peux reprocher à l’ensemble du site, c’est la difficulté de comprendre la
totalité de son fonctionnement de façon rapide et intuitive, ainsi que l’absence
d’aide visible pour y remédier. Il n’y a effectivement pas d’icône d’aide au
menu principal et l’anglais est la seule langue de l’interface. Pour savoir
comment le site fonctionne, il faut cliquer sur l’icône message, qui ouvre une
fenêtre de conversation ressemblant à s’y méprendre à un « chatbot» mais
qui donne de l’information statique, soit quelques trucs de départ et finalement
un lien vers une page d’aide :
Les services gratuits incluent la création d’un profil, l’accès
aux profils correspondants, et la possibilité de pouvoir envoyer un message à
une personne que l’on aime (like). En plus de photos, le profil est composé de
multiples questions binaires (âge, apparence, religion, alimentation, etc) et
de questions à réponses ouvertes. Il y a aussi la possibilité d’évaluer l’importance
accordée à une question. Par exemple, je suis fondamentaliste et la religion
est très importante pour moi (hypothétique). Ici aussi les profils sont sous le contrôle total des
utilisateurs. Une fois le profil complété, OKCupid affiche des profils
correspondants (Browse). À ce stade, l’utilisateur peut trier les profils
proposés par % de match, distance, personnes présentement en ligne et par tri
propre à OKCupid (special blend). Voici comment OKCupid explique son algorithme
de calcul du pourcentage de match:
En plus de connaître son % de Match avec quelqu’un, il est
possible de savoir sur quelles questions les deux matchs sont en accord ou en
désaccord. Un utilisateur a de plus la possibilité de garder en mémoire (bookmark)
un profil, ou au contraire de le bloquer.
Malgré toutes ces fonctionnalités gratuites, l’utilisateur se rend assez rapidement compte qu’il lui manque une carte maîtresse pour bien profiter du site. En effet, l’onglet Likes, bien mis en valeur par un nombre d’étoiles en rouges dans la barre du menu, présente les profils des personnes que l’utilisateur a aimé, mais cache les profils des gens qui ont aimé celui-ci. Ceci créant vite une frustration et un besoin. Afin d’y remédier, OKCupid suggère gentiment de changer de type d’utilisateur :
En visitant la page A-List, on y apprend qu’une multitude de
fonctionnalités sont disponibles moyennant un certain frais :
Et qu’il y a aussi une autre catégorie d’avantages disponibles (A-List Premium) en payant un montant plus élevé. Finalement, l’option de booster son profil est aussi disponible, calculé selon le nombre de boost désirés. Parmi les avantages de recourir à la A-List, outre de pouvoir voir qui nous aime, il y a l’option de filtre des profils suggérés selon une foule de paramètres:
À noter que l’utilisateur qui désire résilier son abonnement
à la A-List se voir confronté à des tactiques visant à le décourager de le
faire par le biais de carottes, de bâtons et de manque de clarté (continue
et cancel s’appliquent à l’abonnement ou à l’annulation ?) :
Pop-up no1
Pop-up no2
OKCupid est connecté à quelques réseaux sociaux. Il permet
de s’y inscrire via notre profil Facebook et d’importer nos photos sur notre
profil. Il offre aussi la possibilité d’afficher notre journal Instagram. Finalement
Il opère une page Facebook, un blogue et un compte Twitter.
Il va sans dire que OKCupid s’est doté d’une politique assez
extensive sur la vie privée, étant appelée à recueillir une foule d’informations
privilégiées sur ses utilisateurs. Trois points ont retenu mon attention :
OKCupid partage les données de ses utilisateurs avec plusieurs tiers partis :
OKCupid ne souscrit pas à la fonction DNT de plusieurs navigateurs qui empêche le suivi pendant la navigation:
Le site offre une
belle option sur la gestion des cookies. Malheureusement, sur Chrome les
préférences ne se sauvegardent pas, et par défaut tous les types de cookies
sont actifs :